Comment les médecins peuvent statuer.
Il n’y a pas pire qu’être pris pour un menteur auprès de ses proches. Devoir ajouter cette dimension hautement anxiogène aux douleurs, souvent saupoudrées d’effets aussi indésirables que difficiles à vivre, c’est quelque chose qui me révolte profondément. Et hélas, je ne suis pas le seul. Sinon j’irais râlouiller dans mon coin en maudissant tous les cailloux qui oseraient me regarder de travers.
Mais comme dans cette vie, on n’est jamais au bout de ses peines, il y en a une qui égale facilement le rejet familial ; la condescendance des médecins.
Je ne met pas tout le monde dans le même sac. Il y a des médecins qui, malgré le rythme éreintant des consultations, prennent quelques minutes de plus pour la personne souffrante en face de lui.
Parce qu’il est là le fond du problème. A quel moment, dans la vie d’un médecin, il peut se dire qu’une personne vient en consultation pour passer le temps ?
« HEinn gnagnagna, elle simule, elle veut juste parler, gnégnégné… » (Texte retranscrit dans son intégral, provenant d’un Homo Abruticus lambda dans son milieu naturel).
Peut-être que je suis complètement à coté de la plaque, mais il me semble que si une personne ressent une souffrance en elle, quelle qu’elle soit, elle frappe à la bonne porte pour demander de l’aide en commençant par aller voir un médecin ?
Si cette personne à besoin de parler, l’orienter vers un psy et ptet plus judicieux qu’un : » C’est dans votre tête ».
Bordel le mec à fait 10 ans de médecine pour voir que c’est dans sa tête que ça cloche ! Bravo Sherlock ! Mais pas foutu d’orienter son patient, qui n’a besoin lui, que de se séparer de sa souffrance.
J’ai failli écrire « souffrance intérieure ». Elle l’est toujours si on réfléchi un peu. J’ai pas mal à la table quoi…
Je m’emporte, je m’emporte. Quand je dit que ça me touche, c’est pas des blagues !
Tout ça pour dire que je ne pense pas que ce soit de la simple méchanceté que soit tirées toutes ces phrases coupantes, auxquelles tout les malades chroniques font face. (je parle des médecins, des cons y’en a à la pelle aussi on va pas se mentir). Plutôt une éclatante incompétence.
Un médecin qui dit : » C’est le stress, calmez-vous ça va passer ». Et hop carte vitale, 40 balles et revenez dans 1 mois si ça va pas mieux. C’est le summum de incompétence ! Et dangereux pour la personne avec ça !
Ou une bien dosée aussi : » Allô oui, j’ai besoin d’un suivi psy, je suis atteint de douleurs chroniques, j’ai fait une dépression après une poussée de douleurs. J’ai eu peur d’avoir eu envie d’en finir, j’ai besoin d’aide ». « Oui, alors moi je fait des dépassement d’honoraires déjà donc il vous restera 45€ à charge, et je n’ai pas de créneaux avant 2 mois là ». « Ha, je suis en invalidité donc ça me fait beaucoup. (je visualise mon reste à vivre d’approximativement 5€). Heu, ben merci, au revoir ». « Au revoir ».
Je reste choqué.
Alors, c’est l’attitude des personnes en souffrance qui a besoin d’évoluer, ou le système médical qui refoule des patients ?
D’ailleurs, a-t-il le droit de faire ça ? Oui mais sous certaines conditions, comme transmettre à un confrère.
Modifié par Décret n°2016-1066 du 3 août 2016 – art. 2
En toutes circonstances, le médecin doit s’efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l’assister moralement. Il doit s’abstenir de toute obstination déraisonnable et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie.
Article R4127-47Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée.
Hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles.
S’il se dégage de sa mission, il doit alors en avertir le patient et transmettre au médecin désigné par celui-ci les informations utiles à la poursuite des soins.
Source : Legifrance.gouv
Dans les faits :
- Les dépassements d’honoraires et les délais d’attente (surtout pour les psy) sont une barrière énorme, surtout pour les personnes en invalidité.
- L’orientation vers des spécialistes (centres de la douleur, psychiatres, etc.) est souvent laborieuse, voire inexistante.
- La formation des médecins sur les handicaps invisibles reste insuffisante, ce qui perpétue les préjugés (« simulation », « exagération »).
Va-t-il falloir en passer par une liste noire des médecins pour que ça bouge ? Peut-être, mais non, désolé, on as pas le temps. On souffre.
Que faire face à ce système ?
- Exiger un diagnostic écrit : Même si c’est un combat, un compte-rendu médical détaillé (avec mention des symptômes, des traitements tentés, et de l’impact sur la vie quotidienne) peut servir de « preuve » face aux sceptiques. Préparez votre demande à l’avance : jetez un oeil à la CNV.
- Se tourner vers des associations : Des structures comme l’Association Française du Syndrome de Fatigue Chronique ou Fibromyalgie France peuvent orienter vers des médecins sensibilisés.
- Utiliser les recours légaux : En cas de refus de soins abusif, un signalement à l’Ordre des Médecins ou à la CPAM peut être envisagé.
- Créer des réseaux de solidarité : Beaucoup cherchent des témoignages pour se sentir moins seuls. Les pages Facebook et sites pullulent, et c’est tant mieux ! Donner de la visibilité à l’invisible est essentiel.
Le petit mot de la fin.
Subir la maladie et devoir prouver qu’elle existe, c’est une double peine. La solution ne viendra pas seulement des médecins, mais d’un changement de regard sur la souffrance. En attendant, notre combat, à travers nos vécus, nos projets, et notre colère légitime, participe à faire bouger les lignes.







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